Vaccins anti-grippe A, c’est parti ! Version imprimable Suggérer par mail
En France la circulation du virus A (H1N1) 2009 s’accélère et les premiers bons de vaccination arrivent à domicile. Voici venu le moment de passer à l’action !

Des cas de grippe graves

Le bulletin épidémiologique du 24 novembre fait état depuis le début de l’épidémie de 357 cas de grippes graves et de 68 décès, dont 6 sans facteur de risque connu, avec une nette accélération au cours de la dernière semaine. Pour connaître l’évolution de la situation épidémiologique, consultez le site pandemie-grippale.gouv.fr

D’après le Dr Charles Mayaud, chef de service pneumologie-réanimation à l’hôpital Ténon à Paris, ces formes graves rappellent des cas décrits dans les pandémies antérieures ou encore des cas exceptionnels vus tous les 5 ans. Alors que la grippe saisonnière provoque une atteinte bronchique qui aggrave les pathologies bronchopulmonaires ou cardiaques chez le sujet âgé, la grippe A peut être responsable d’une atteinte pulmonaire étendue qui touche des patients jeunes avec ou sans facteurs de risque.vaccin

Par ordre de priorité

La première vague de vaccination concerne les personnes appartenant aux groupes prioritaires, c’est-à-dire :

  • -les sujets âgés de 6 mois à 64 ans avec facteur de risque (soit 1 des 9 affections longue durée définies pour la prise en charge de la vaccination contre la grippe saisonnière),
  • -l’entourage familial des nourrissons âgés de 6 mois,
  • -les professionnels de la petite enfance,
  • -les femmes enceintes à partir du second trimestre,
  • -les nourrissons de 6 à 23 mois.

Si vous faites partie d’un de ces groupes, notamment si vous souffrez de pathologies chroniques telles que l’asthme, la BPCO, le diabète, n’hésitez pas à vous faire vacciner rapidement.

Depuis le 25 novembre, sont également concernés :

  • -les enfants scolarisés de maternelle et de primaire, en centre de vaccination pour pouvoir être accompagnés par leurs parents,
  • -les collégiens et lycéens, dans leur établissement scolaire via une équipe mobile sous réserve de l’autorisation parentale signée, ou en centre de vaccination si leurs parents souhaitent les accompagner.
  • -les personnes de plus de 65 ans avec facteur de risque.
Si vous ne faites pas partie d’un groupe prioritaire précédemment cité, évitez pour l’instant de vous rendre dans un centre de vaccination, en raison de l’affluence croissante actuelle.

La vaccination des enfants scolarisés commence avant celle des adultes sans facteur de risque. Il est donc conseillé aux parents de faire vacciner leurs enfants sans attendre d’être appelés eux-mêmes à la vaccination.

Avec un bon de vaccination

Vous recevez théoriquement un bon de vaccination à domicile, selon un calendrier reposant sur des critères de priorité. .
Ce bon précise notamment le lieu où la vaccination doit être effectuée. Il doit être présenté au centre de vaccination pour y être complété, de préférence dans les 10 jours (mais ce délai n’est qu’indicatif). Destiné au système de traçabilité, le bon rempli comporte les renseignements suivants :

  • -le nom du vaccin,
  • -les numéros de lot de l’antigène et, le cas échéant, celui de l’adjuvant,
  • -la date de l’injection,
  • -l’identification du centre de vaccination,
  • -le nom du médecin.

Une fois le vaccin effectué, un certificat de vaccination vous est remis, mentionnant la date d’injection, le nom du vaccin, ainsi que les numéros de lot de l’antigène et de l’adjuvant.
Ce même document sera nécessaire pour la seconde injection.

Pour vous rendre dans un centre de vaccination, munissez-vous du bon mais aussi d’une pièce d’identité.

Si vous n’avez pas reçu votre bon, le centre de vaccination peut également l’éditer à partir du numéro de sécurité sociale et de la date de naissance : pour exemple, l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois pouvant ne pas être directement identifié par la caisse…

Premiers bilans positifs

Le premier bilan de pharmacovigilance du 9 novembre ne fait pas apparaître d’effets indésirables plus notables qu’avec le vaccin contre la grippe saisonnière (réactions locales au point d’injection, fièvre modérée passagère).

Quant au syndrome de Guillain-Barré, aucune étude n’a permis de confirmer un lien statistique avec la vaccination antigrippale. En France, 1700 personnes environ sont touchées chaque année, soit 4 par jour, il y a donc statistiquement de tels syndromes parmi des personnes récemment vaccinées. Par ailleurs, ce syndrome survient souvent quelques semaines après un épisode infectieux aigu viral ou bactérien ; la grippe est donc un facteur de risque possible.

Le syndrome de Guillain-Baré se traduit par une paralysie rapide débutant le plus souvent au niveau des membres inférieurs, puis remontant vers le haut du corps. Les symptômes sont de sévérité très variable. Typiquement, la maladie débute par une faiblesse symétrique des membres qui progresse en quelques jours. Des douleurs intenses (dos, fesses, cuisses) peuvent apparaître. La plupart des patients présentent également des picotements ou des engourdissements.
Le diagnostic est parfois difficile, et tout patient présentant une suspicion de syndrome de Guillain-Baré doit être dirigé vers un neurologue.

Plusieurs vaccins disponibles

Depuis le début de la campagne de vaccination en France, le vaccin utilisé est le vaccin Pandemrix (avec adjuvant) du laboratoire GSK. Depuis le 20 novembre, les centres de vaccination utilisent également le vaccin Panenza (sans adjuvant) du laboratoire Sanofi Pasteur pour les personnes fragiles (femmes enceintes, nourrissons de 6 à 23 mois, sujets immunodéprimés).
D’autres vaccins seront disponibles, mais il n’est pas prévu de pouvoir choisir la marque !

Actuellement, 4 vaccins ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Voici leurs caractéristiques :


-Pandemrix (GSK) de type virus fragmenté cultivé sur œufs, dosé à 3.75 microgrammes/dose de 5 ml, et contenant un adjuvant à base de squalènes,

-Focetria (Novartis) de type antigènes de surface cultivé sur œufs, dosé à 7.5 microgrammes/dose de 5 ml, et contenant un adjuvant à base de squalènes,

-Celvapan (Baxter) de type virus entier inactivé cultivé sur cellules Vero, dosé à 7.5 microgrammes/dose de 5 ml, sans adjuvant,

-Panenza (Sanofi-Pasteur) de type virus fragmenté cultivé sur œufs, dosé à 15 microgrammes/dose de 5ml, sans adjuvant.

Un autre vaccin devrait être disponible une fois l’AMM acquise. Il s’agit du vaccin Humenza de Sanofi-Pasteur, de type virus fragmenté cultivé sur oeufs, dosé à 3.8 microgrammes/dose de 5 ml, et contenant un adjuvant à base de squalènes.

Plusieurs présentations sont disponibles :

  • -Celvapan, en flacons multidoses sans conservateur,
  • -Panenza, en flacons multidoses avec conservateur (thiomersal) et seringues préremplies unidoses de 0.5ml,
  • -Pandemrix, en flacons multidoses avec conservateur (thiomersal),
  • -Focetria, en flacons multidoses avec conservateur (thiomersam) et seingues préremplies unidoses de 0.5ml.

Une ou deux doses ?

Les autorités sanitaires recommandent actuellement un schéma vaccinal à 2 doses espacées de 3 semaines pour les vaccins Pandemrix, Focetria et Celvapan. La stabilité dans le temps d’une couverture à une dose reste pour l’instant à confirmer !

Panenza se différencie toutefois des autres vaccins grippaux par son schéma d’administration réduit à 1 dose chez les patients âgés de plus de 9 ans et jusqu’à l’âge de 60 ans. En effet, son dosage plus élevé permet d’obtenir des taux de réponse immunitaire conformes aux critères de protection de l’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments (AEEM).

Alors que la campagne de vaccination se généralise, restez vigilant ! Toute gêne respiratoire survenant au décours d’un état grippal est une urgence qui nécessite la mise en place d’un traitement médicamenteux antiviral le plus rapidement possible.

 
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